Compétition apnée piscine FFESSM – Besançon

Il en a fallu de l’énergie pour se rendre sur place, mais la logistique était bien préparée, et la maison louée par la team nous a réchauffé le cœur. Me voilà à Besançon avec mon équipe de préparation au complet, le coach Marc, Zoée ma masseuse, Marion ma sophrologue en chef et Albane la partenaire d’entraînement de folie même si on se voit moins en ce moment ;-). Je suis représentant du PPA à Besançon et je sais que toute l’équipe est derrière moi depuis Aix, ainsi que les copains du PAN.

Nous sommes vendredi soir et des annéciens nous rejoignent pour partager le pavillon loué pour l’occasion. La soirée est calme et tout le monde se couche assez tôt pour récupérer du trajet.

Samedi 17 Mars : Le dynamique avec palmes

Aujourd’hui, je rechausse la monopalme en mode perf. C’est quelque chose que j’attends depuis un moment, et nous y voilà. Ce matin, repérage de bassin comme à l’accoutumée. Je vais faire quelques longueurs en créneau public pour découvrir mon terrain de jeu du week-end. Je reste assez peu dans l’eau car je suis déjà dans l’excitation de la compétition.

S’en suit une partie de jeu de société pour oublier un peu le stress montant de cet événement. 15h nous voilà devant l’entrée de la piscine, les inscriptions se déroulent sans encombre et je prends place autour du bassin. Nous sommes groupés, Albane, Zoée et moi à coté des annéciens. 16h, le coach tant attendu pointe le bout de son nez et c’est un premier soulagement.

La bulle

19h sera mon horaire de passage et à 17h06 précise, la construction de la bulle est engagée. C’est Zoée qui démarre avec un massage dit de « déconnexion » pour m’aider à passer en mode « athlète ». S’ensuit une série d’apnées à sec dirigées par mon coach pour préparer mon diaphragme. Puis, je me rends au bord du bassin pour une visualisation de nage. Je termine par Marion qui me relaxe grâce à de la sophrologie. Tout est impeccable, tout est prêt.

Pendant toute cette phase préparatoire, je réfléchis beaucoup, beaucoup trop, j’imagine des choses, des chiffres, des minimas, des réussites et des échecs. Je charge beaucoup trop mon cerveau.

La performance

Il est 18h55 et il est temps de chausser la monopalme. Je suis dans l’eau, je m’équipe et je ventile. Une dernière inspiration et je m’immerge. Je me lance, je m’installe dans mon ondulation, je nage sans trop réfléchir et le mur des 50m arrive vite. Je tourne et sans vraiment réfléchir j’avance, sans vraiment profiter en fait. Les jambes commencent à se charger d’acide lactique vers 80m, mais moins que durant la semaine, je suis content. Je vire à 100m avec une forte détermination alors que l’envie de respirer est déjà très présente. Vers 110m, j’engage plus les épaules pour soulager mes jambes et j’avance toujours sans trop réfléchir. Je vire à 150m et là je ressens une modification de mes perceptions, je sens l’hypoxie monter, c’est mon signal de fin d’apnée. Je ne suis pas à la distance rêvée pour ce jour, mais je sors, j’ai besoin de valider cette performance pour me qualifier aux championnats de Frances en monopalme. Je sors, fait mon signe ok instantanément, je ventile encore trop peu, ma tête fait 2 allers retours et se stabilise. C’était limite…Je sors mitigé de cette performance (163m retenu). L’essentiel est fait, c’est une distance qui m’emmène aux Frances. Néanmoins, ce n’est pas une distance qui représente mes derniers mois d’entraînements. Je sors limite après 1min58 de nage, cela ne correspond pas à ma physiologie du moment.

Le debrief

J’ai tellement mentalisé cette épreuve que mon cerveau a pompé tout mon O2. Le gros point positif du jour : avoir eu la lucidité et l’intelligence de sortir alors qu’une partie de mon cerveau était parti pour aller bien plus loin. La voie de la raison a primé dans ma tête et j’en suis heureux.

La soirée est très relaxe, bière, saucisson, je relâche la pression. Demain c’est la brasse et ma qualif aux Frances est déjà assurée par ma performance réalisée il y a deux semaines. Je vais pouvoir me libérer de cette pression que je me suis mise sur des chiffres à atteindre qui n’étaient pas « miens ».

Dimanche 18 Mars : Le dynamique sans palmes

Le réveil est bien plus calme qu’hier, nous arrivons à la piscine vers 11h45 pour un début des séries à 13h15. Cette fois-ci je passe tôt, car j’ai fait une toute petite annonce. Initialement il devait y avoir une troisième discipline à laquelle je devais participer (le 100m sprint) qui a été annulé. J’avais prévu une petite annonce en brasse pour passer au début et avoir un maximum de temps de récupération avant le sprint, stratégie ratée.

Plus relâché

Nous démarrons mon protocole de préparation sans connaître mon heure de passage car les séries ne sont pas encore affichées. C’est le souci des petites annonces, on passe plus tôt, on a moins de temps pour se préparer. C’est le coach qui gère correctement ce point pendant que je me prépare, c’est l’avantage. La séquence est identique à hier, sauf que je n’emmène pas la monopalme avec moi, je vais nager le plus loin possible en brasse. Je me retrouve au bord du bassin sans connaître mon heure de passage, c’est chouette de pouvoir déléguer.

Écouter et réfléchir

J’ai eu le temps de réfléchir à hier et d’en parler à mon entourage de confiance. Je dois mieux ventiler en sortant et enlever mon pince-nez pour encore une fois, mieux respirer. Depuis que le protocole de sortie a été simplifié, je suis devenu fainéant, je sors de l’eau, fait mon signe ok et j’attends. En résumé je bâcle la respiration primaire en sortant de l’eau, ces premiers cycles ventilatoires qui sont au final les plus importants.

Vivre l’instant présent

Ce midi je prend mon temps, je veux vivre ce que je n’ai pas pris le temps de vivre hier, je vais glisser. Ce sera le maître mot de cette nage qui vient. Je m’immerge pousse au mur et j’envoie. Je nage plus lentement qu’à mon habitude, cela surprend de l’extérieur pour ceux qui me connaissent. Aujourd’hui, j’ai besoin de vivre un bon et long moment pour me faire du bien vis à vis de hier. Les sensations sont normales, et la nage se déroule bien. J’évite le piège de la fosse de 4m de profondeur au bout du bassin de 50m et reviens pour tourner aux 100m. Je fais une belle poussée, avec une envie de respirer qui est forte. Je veux travailler ce relâchement de maintenir la glisse dans l’envie de respirer. Je passe les 125m et mon ressenti se modifie, l’hypoxie monte fort d’un coup. Une brasse, deux brasse, je sors. Cette fois-ci je me suis un peu enfoncé et il y a un peu de route pour sortir la tête de l’eau. La sortie est mieux que la veille, je pense à enlever mon pince-nez, mais fait encore mon signe « ok » trop tôt. Je ventile encore trop peu et c’est un léger à-coup de tête qui monte. Cela redescend aussitôt. La ligne d’eau fléchit et je sens mon menton toucher la surface, je remonte un chouïa, il ne faudrait pas se faire disqualifier maintenant.

La performance est validée pour 135m. Ce qui est très satisfaisant, c’est le temps de nage, 2min35sec. Cela me rassure et me fait beaucoup de bien au moral. Le corps est prêt à aller loin, le mental se construit ;-).

Conclusion

La compétition se termine bien puisque Albane repart avec sa qualification pour les Frances en 16×50. Les objectifs de l’équipe sont remplis. Gros point positif pour moi ce week-end, même si j’ai cédé à la pression que je me suis mis pour le dynamique, j’ai su le moment venu revenir sur mes propres ressentis et sortir à temps. Je suis content de cela. L’apnée est un sport très particulier où se pousser jusqu’au bout n’amène jamais à la victoire et la voie de la raison est bien souvent celle à suivre. Un point de travail se confirme, la ventilation post à la sortie de l’eau. Je vous laisse, je retourne m’entraîner 😉

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